Normes de conduite

Cette page clarifie ce à quoi on peut s'attendre les un·e·s des autres au sein de beta.gouv.fr. Elle constitue aussi un "mode d'emploi" afin de travailler avec nous pour les personnes externes.

Une "norme" n'est ni plus ni moins qu'une façon de parler ou de penser que l'on souhaite promouvoir comme "normale". Si tu vois un cas où on se comporte différemment, c'est une "exception". On parle de "normes" et non de "règles". Dans chaque situation, il peut y avoir de bonnes raisons de déroger à la norme en vigueur.

Refuser la séparation des penseurs et des faiseurs

Ce sont celles et ceux qui font qui décident (et réciproquement). Celles et ceux qui pensent que « y’a qu’à » faire ceci ou que « faut qu’on » fasse cela sont invité·e·s à le faire et celles et ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient (seules les bonnes idées survivront).

À ce sujet, vous pouvez utilement lire le billet de blog The strategy is delivery,Mike Bracken, co-fondateur du Government Digital Service, raconte pourquoi en matière de services numériques, il vaut mieux ne pas perdre de temps à élaborer une stratégie long-terme où tout a été pensé à l'avance. Au contraire, on privilégiera une mise en ligne rapide du service numérique que l'on souhaite développer – même si "tout n'est pas encore fini !" – afin de le confronter à de vrais utilisateurs, recueillir leurs retours et l'améliorer en conséquence.

Privilégier les moments apportant de la valeur aux utilisateurs

En tant que faiseurs, se méfier des réunions et du temps morcelé. S'il est possible d'éviter une réunion avec un mail ou une discussion à l'écrit sur Slack, privilégier l'asynchrone. N'oublions pas qu'une heure de réunion à 5 ne correspond pas à une heure de travail mais à 5.

En particulier, refuser le "présentéisme" : on juge les personnes sur leurs résultats et non sur leurs efforts, leurs horaires…

Lorsque les réunions s'avèrent nécessaires, appliquer la loi des deux pieds : les personnes présentes et motivées sont légitimes pour discuter de n’importe quel sujet ; chacune a le droit de se retirer “avec ses deux pieds” en ne participant pas ou en quittant les réunions ou discussions.

D'une manière générale, tenir compte des coûts de coordination (une personne à temps complet est souvent bien plus efficace que cinq personnes à 20% de leur temps) et limiter le nombre de personnes impliquées dans chaque sujet.

Piloter les équipes sur la base de leur impact et non par les moyens

Appliquer le contrat d'une équipe autonome : les demandeurs sont souverains sur la finalité (quel est l'objectif en termes d'impact); les mandatés sont souverains sur les moyens (comment je fais pour atteindre cet impact).

En corollaire, éviter les comportement de "petit chef" et les manifestations d'autorité. Il n'y a pas de “chef·fe·s”, mais que des personnes et des équipes “responsables” sur des périmètres bien définis. Derrière la responsabilité se cache une redevabilité : une personne responsable d’un sujet rend des comptes sur son impact.

Assurer le plus grand niveau de transparence possible et lutter contre les asymétries d'informations

La circulation de l'information permet de mieux faire fonctionner l'organisation, d'éviter les frustrations, les prises de pouvoir individuelles non désirables, les rumeurs infondées, les fantasmes. La transparence est la contrepartie de l'autonomie concédée aux équipes : elle empêche les gens de faire n'importe quoi, parce que tout le monde voit. Ce qui est visible est plus facilement améliorable.

Par ailleurs, la nature publique de notre action nous incite à partager le maximum d'apprentissages, en transparence.

Accepter et célébrer le droit à l'erreur

Les équipes et les individus ont le droit à l'erreur, et sont même invités à se planter de temps en temps. Nous savons que nous commettons toutes et tous des erreurs, et savons aussi que ceux-ci permettent d'apprendre et de progresser. Par exemple, certaines personnes pourront ainsi être amenées à faire des choses qui ont déjà été faites par d'autres (en doublon), et ce n'est pas grave. Faire ainsi permet souvent de gagner le temps qu'on aurait perdu en débats stériles.

Permettre la prise d'initiative la plus large possible

À l'exception de ce qui est encadré par la loi (marchés publics, etc.) les membres de la communauté beta.gouv.fr indépendamment de leur statut sont légitimes à agir en autonomie, le modèle applicable étant le "advice process". Ainsi, toutes les personnes de la communauté beta.gouv.fr sont légitimes pour participer aux sujets transverses, quel que soit leur rôle et quel que soit leur statut.

Protocole de gestion des actions transverses

  • Quand un sujet est partagé entre plusieurs personnes il y a un canal pour exprimer des demandes : ça peut être “faire la vaisselle”, “animer le standup”, “intervention DNS” ou “répondre à un contact entrant”.

  • Toute personne qui se sent compétente sur le sujet peut dire “je prends” si c’est une action 1 personne, “volontaire” si N personnes.

  • Si personne ne prend explicitement ça ne se fera pas (c’est important de respecter ça aussi pour responsabiliser).

  • À moins que ça soit une action visible (vaisselle, standup) quand on a fini la tâche on l’annonce

Un "protocole" c’est une façon d’agir un peu arbitraire (on pourrait très bien faire autrement) mais qui s’aligne avec les normes et les standards et qui permet de ne pas consommer de l’énergie mentale à toujours se demander “comment je fais pour…”. On peut avoir certaines formules qui montrent qu’on active un protocole. (Par exemple “j’ai une demande d’aide” ou “qui peut faire un perfection game sur mon article” ou “X, je t’apprécie pour…”)

Adopter un comportement bienveillant

Traiter les gens comme des adultes

Nous encourageons les membres de la communauté :

  • à présupposer de la compétence de l'autre, ainsi que de son engagement en faveur d'un meilleur service public

  • à se dire les choses ; le monde est comme il est, ce n'est pas parce qu'on se le dit que ça sera pire

  • à ne pas infliger de l'aide

  • à formuler des requêtes, non des exigences : "non" doit toujours rester une réponse acceptable

  • à savoir formuler et recevoir des retours efficaces et optionnels - le feedback est un cadeau, il n'impose aucune obligation ; comme le feedback est un cadeau, commencer par un "merci" quand on vous fait un retour

  • à expliciter ses standards de qualité et les reconnaitre comme situationnels et personnels

Un "standard" c’est un critère d’évaluation explicite de quelque chose qu’on fait ensemble. Il y a plus une notion de jugement: “ce qu’on a fait ici c’est pas au standard, il va falloir le rattraper”. Chez beta.gouv.fr, on a par exemple :

  • des standards de qualité produit :

    • l’équipe est pilotée par un processus de design proche des usagers

    • l’équipe est à l’écoute des usagers et accessible :

      • pas d’adresses mail “no reply”

      • répond à chaque contact usager

      • adopte une posture “basse” et servicielle

    • les sites sont sécurisés par SSL

    • une page /stats rend compte des mesures d’impact

    • le langage est clair, direct et sans jargon

  • des standards de qualité logicielle :

    • le code source est ouvert, y compris à la contribution externe

    • le code est instrumenté par des tests automatisés

    • le code est déployé fréquemment, idéalement en continu

  • des standards de communication entre nous : voir nos conseils ci-dessous.

Conseils pour adopter un comportement bienveillant

Nous encourageons vivement la communauté :

  • à adopter une posture d'écoute attentive et active, à poser des questions pour comprendre le contexte de ses collaborateurs et collaboratrices ;

  • à traiter les identités et cultures des autres avec respect, à faire des efforts pour prononcer les noms des personnes correctement et à se référer à elles avec le pronom qu'elles préfèrent ;

  • à éviter les commentaires sur l'apparence physique et le vocabulaire d’érotisation ou de sexualisation dans le contexte professionnel en général ;

  • à ne pas interrompre de manière répétée des personnes en réunion ou dans des discussions, par exemple en parlant plus fort qu'elles.

Parce que ce genre de comportement arrive souvent de manière non intentionnelle, chaque membre de la communauté est invité à porter une vigilance maximale à leur égard. Si une personne est rappelée à l’ordre sur ce point, il lui est suggéré de simplement en prendre note, remercier brièvement celle ou celui qui l’a rappelée à l’ordre, et ne pas chercher à se justifier.

Lutte contre les comportements abusifs et contre le harcèlement moral et sexuel

Les comportements abusifs ne sont pas tolérés. Est notamment estimée abusive la manifestation, dans le cadre des relations de travail, de comportements ou de propos sexistes, homophobes, racistes, antisémites, discriminants, transphobes, sérophobes, grossophobes, etc ; par exemple, prononcer des paroles négatives ou offensantes sur l'apparence physique, la corpulence, les vêtements, le statut social, l'expression de genre, est intolérable, de même que toucher des personnes sans leur accord tacite.

Le harcèlement moral ou sexuel est interdit et constitue un délit pénal. A titre de référence, nous renvoyons à la politique anti-harcèlement formulée dans le Geek Feminism wiki.

🗣 Conseils pour bien communiquer entre nous

Demander du feedback
Demander un service
Demander de l'aide sur le code
Demander du feedback

Pour donner un feedback (positif ou négatif) ou pour exprimer un désaccord avec bienveillance, partez du principe que la personne à qui vous vous adressez est:

  • compétente

  • bien renseignée

  • de bonne foi

Tentez de rester factuel dans votre communication. Evitez de porter un jugement de valeur ou d’interpréter les actions d’autrui. N’hésitez pas à expliquer en quoi les actions d’autrui vous impactent, ou leur propos vous heurtent, et à exprimer votre ressenti personnel.

Demander un service

Pour demander ou proposer…

“Tu es disponible ?”
“Est-ce que ça te convient ?”
“Est-ce que tu veux bien…”

Si vous n’obtenez pas ce que vous voulez…

“C’est pas très grave”
“C’est compréhensible en ce moment”

Tentez d'éviter tout ce qui relève de l’injonction:

“Merci de…”
“Il faut…”
“On doit absolument”
“C’est inenvisageable”

Mais aussi, toutes les paroles qui parasitent une communication claire et bienveillante, par exemple: Les petites piques. Le passif-agressif. Les expressions d’impatience, d’agacement.

Demander de l'aide sur le code

Vous pouvez vous référer à la méthode SSCCE.

En cas de problème

Si vous êtes victime d'un comportement inapproprié ou d'une situation de harcèlement, ou si vous vous rendez compte que quelqu'un est dans dans cette situation, ou si vous avez des doutes, vous pouvez contacter immédiatement un membre de l'équipe d'animation beta.gouv.fr. Nous nous efforcerons de vous accompagner pour garantir un retour rapide dans un environnement où vous pourrez vous sentir en sécurité.